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01/08/2013

De la légalité et de la légitimité...

La crise actuelle a mis en avant, et plus que jamais, la polémique entre la légalité de l’ANC et la légitimité des protestations populaires appelant à sa dissolution.

Evidemment, la légalité est prônée par le camp adverse qui se réclame de la légitimité de la résistance à la dictature, de la participation à la «révolution», et des résultats des urnes. Analysons de plus près tous ces aspects.

De quelle légitimité de résistance à la dictature nous parlent-ils?

Tout d’abord, il faut rappeler que les islamistes d’Ennahdha et de son aïeul le MTI ont été un grand soutien à Ben Ali afin qu’il assoit son pouvoir durant les deux premières années succédant au putsch médico-constitutionnel. La relation s’est envenimée après les élections de 1989 et malgré la versatilité de Ben Ali, son régime est resté tolérant vis-à-vis des islamistes jusqu’à 1991 : Leur journal paraissait régulièrement, leur vitrine à l’université l’UGTE militait normalement,… Mais, lorsqu’ils avaient senti qu’ils perdaient du terrain auprès de la population ils avaient eu recours à la violence en réactivant leurs cellules terroristes dormantes responsables des attentats de Monastir et futures auteurs du massacre de Bab Souika. Par conséquent, la quasi-totalité des islamistes ont été emprisonnés durant la dictature pour des activités subversives visant à changer la nature de l’Etat par la force des armes et ce, comme le stipulait le code pénal en vigueur. Ce qui est frappant c’est que la plupart de ceux qui prônaient cette légitimité se la coulaient douce en France, en Suisse et au Royaume Uni.

De quelle légitimité révolutionnaire se réclament-ils?

Il est de notoriété publique que les islamistes n’avaient pas participé à la «révolution». De plus, il est de notoriété publique que les 2 gouvernements nahdhaoui n’ont pas œuvré (et jusqu’à ce jour) à la réalisation des «objectifs de la révolution» : justice transitionnelle, justice sociale, désenclavement des régions de l’intérieur,… Les 2 gouvernements n’avaient comme agenda que la mainmise sur les institutions de l’Etat, l’instauration de la terreur (LPR), et une politique libérale sauvage qui n’a fait que faire prospérer l’économie parallèle et la contre bande, sans parler de la connivence avec les salafistes qui restent à mon avis leur bras armé.

De quelle légitimité des urnes se réclament-ils?

Je crois fermement que l’ANC a été élue pour une durée d’une année et pour un objectif bien défini qui est la rédaction d’une constitution. Par conséquent ce mandant a pris fin en décembre 2012 et la constitution n’a pas été rédigée. Depuis cette date, l’ANC ne travaille que grâce à un consensus implicite entre les différents partis politiques. Par ailleurs, l’autorité et la légalité de cette institution élue et celles du gouvernement qu’elle a générée sont devenues caduques et ne répondent plus aux attentes du peuple tunisien. A mon avis les appels à la destitution et à la dissolution se justifient amplement.

 

Le camp adverse a pu mentir à une partie du peuple mais pas à tout le peuple et ils desservi par le temps. J’espère qu’ils auront des sages qui avouerons leur échec afin d’éviter l’impensable…

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