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22/01/2011

Les Forces Armées Tunisiennes et Les Forces de Maintien de l'Ordre Public

Nul ne conteste le rôle majeur et louable joué par l’armée nationale pour contrecarrer toute velléité de contre-révolution. Certains admirateurs « jusqu’au boutistes » suggèrent la prise du pouvoir par nos chers généraux. Mais ces derniers ont refusé démontrant encore une fois que notre armée reste profondément légaliste et républicaine.

Rappelons que le rôle de l’armée reste avant tout la défense de la patrie et des institutions républicaines. L’armée n’a pas à restaurer l’ordre public, l’armée n’a pas à poursuivre les délinquants. En bref, l’armée n’a pas à jouer le rôle de la police.

A mon sens, l’enseignement majeur de cette révolution au niveau institutionnel reste les défaillances observées au niveau du système sécuritaire « civil ». Le vide sécuritaire observée durant 72 heures du 14/01/11 au 16/01/11, les règlements de compte entre services sécuritaires (et ça reste une conviction personnelle), l’absence totale d’instructions à l’attention des officiers et sous officiers des brigades de maintien de l’ordre public et de la police judiciaire,… ont montré la fragilité de cette corporation essentielle à toute démocratie.

Je suis loin d’être un spécialiste des questions sécuritaires et je ne doute pas de l’existence de compétences à l’intérieur du ministère de tutelle qui partagent, même partiellement, mes recommandations.

i) La formation octroyée aux futurs sous-officiers de police est insuffisante en terme de durée. Les sessions de formation à l’école de Sidi Saâd n’atteignent même pas une année. La qualité de cette formation relative au droit et à la communication avec les citoyens est à améliorer. Une formation de 2 à 3 ans sous forme d’un cursus universitaire est indispensable pour améliorer la prestation des futurs sous-officiers de la police nationale (et même des sous officiers de la garde nationale)

ii) La police nationale aura à constituer un syndicat garant de la défense des intérêts sociaux de cette corporation (convention collective, négociation salariale, passage de grades, mobilité,…)

iii) L’amélioration des conditions de travail et de la solde de cette corporation afin de la prémunir contre toute tentation de corruption.

iv) La Garde Nationale est une force paramilitaire et de ce fait elle doit revenir sous la tutelle du ministère de la défense comme ça a été le cas à l’aube de l’indépendance, et comme c'est le cas dans toutes les démocraties.

Cette refonte est indispensable afin de donner à l’armée l’occasion de se moderniser afin qu’elle remplisse son rôle de rempart pour la patrie. Cette refonte permettra aussi aux forces de maintien de l’ordre public d’adopter une image digne d’une république démocratique.

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