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12/08/2009

Où s’arrête la liberté d’expression?

Sommes-nous libres de tout dire et de tout déballer ? La réponse à cette question est très délicate. Mais, je vais la réserver pour un sujet brûlant et qui a de tout temps diviser la blogosphère tunisienne : La religion.

Si le législateur a garantit la liberté de culte et qu’il n’a pas imposé une religion particulière c’est parce que (et c’est mon avis) toutes les religions se valent et véhiculent à quelques différences près le même message. La préséance des religions est une affaire  (ou prétentions) de personnes qu’on nomme habituellement « clergé » et qu’une barrière invisible les sépare des extrémistes.

On a toujours diabolisé l’extrémisme religieux, que je condamne et que je combats très fortement, mais on a tendance à oublier que l’extrémisme athée est aussi une réalité. Cet extrémisme est aussi néfaste pour les libertés individuelles que le sont l’extrémisme chrétien, hindouiste, juif ou islamiste.

A mon sens les croyances religieuses sont un domaine sacré que personne n’a le droit de violer. Si un blogger ne conçoit pas l’idée du jeûne du ramadan, il n’a qu’à ne pas le pratiquer sans qualifier par des sobriquets peu convenants quelques centaines de millions de pratiquants de ce jeûne. Sa prochaine étape serait peut être la mise en cause de la virginité de Marie et de la divinité du Christ ou probablement il nierait les karmas et le concept de réincarnation adoptés par les boudhistes et les hindous ou encore le concept des 19 mois de l’année Béhai…

Du terrain religieux cet extrémisme athée pourrait affecter ensuite toutes les libertés individuelles et nous avons les meilleurs exemples avec le Stalinisme (que ce soit celui de Staline en URSS avec ses Goulag ou d’Anvar Khodja avec sa tyrannie légendaire en Albanie). Dans ce cas, l’athéisme devrait-il être mis en cause car certains individus l’ont mal interprété ou pratiqué?

Tolérance, j’écrirai ton nom…

Commentaires

Très bien dit Ovide, j'ai rien à ajouter sauf le fait que quelques athés se font passer pour des "sapeurs intellectuels" et qui se croient capables de décider à la place des "masses ignorantes" comme ils les appellent. Il y a aussi les adjectifs "خوانجي" et "ظلامي" qu'ils attribuent à tous ceux et celles qui contredisent leurs propos, sans même prendre la peine d'aller voir si ces gens parlent de l'islam ou des autres religions dans leurs blogs.

merci encore pour ce post Ovide, on en avait besoin :)

Écrit par : قطّوس الزبلة | 12/08/2009

La liberté d'expression s'arrête la ou commence le bâton :( ou la carotte :)

Tout est relatif!

Écrit par : Kiffe Grave | 12/08/2009

C'est quoi l'extrémisme athée???

Est-ce qu'il y a déjà eu des extrémistes athées qui s'explosent dans les mosquées ou dans les églises parce qu'ils pensent que Dieu n'existe pas?

Est-ce qu'il y a des athées qui s'organisent en milices pour faire la géurilla et qui tentent de prendre le pouvoir par la force pour interdire les religions et leur pratique.

Voyez, vous inverser complètement le problème! S'il y a extrémisme dangereux aujourd'hui, c'est du côte des religions. La notion d'extrémisme athée est une pure invention qui n'existe que dans la tête de croyants incapables d'accepter qu'on critique leur religion et sa pratique.

Tu as évoquée le christianisme, tiens! Qui oserait qualifier d'athée extrémisme quelqu'un qui, en France par exemple, se moquerait de Jésus, ou remettrait en cause la virginité de Marie pour reprendre ton exemple. Celui qui ferait ça, et remettrait ainsi en cause la libre critique de la religion, serait immédiatement qualifié d'intégriste.


Et puis ces critiques, qui ne sont que de simples mots destinées à faire réfléchir, font infiniment moins de mal à l'islam que le vrai extrémisme qui maintient les croyants dans l'ignorance et l'obscurantisme, et les pousse parfois jusqu'à la violence. S'il y a vrai danger pour l'islam, il vient d'abord de lui même plutôt que de la minorité d'athée qui le critiquent.

Dernier point, si la religion ne veut pas être critiquée, il faut qu'elle soit cantonnée à l'espace privée. Toute chose qui envahit l'espace public et s'impose à tous, doit accepter la critique et la remise en cause, loin des tabous et de la sacralisation.

Écrit par : Ghoul | 12/08/2009

@ ovide

je pense que tu visait par le néologisme 'extrémisme athée' un certain malaise indéfinissable qui émane lors de la lecture de plusieurs blogueurs critiques de la religion; il existe chez certains une agressivité ostentatoire : elle est certes "choquante" pour plusieurs mais elle traduit une quête de l'écoute dans des espaces énormément clos,

l'ostentatoire paye mais excite également et ramène au pugilat, il est précieux parfois car il pousse à réfléchir sur les limites

Écrit par : voltairien | 12/08/2009

@Ghoul :

Monsieur,

Je vous invite à explorer l'époque stalinienne en Russie où des églises ont été détruites au nom du matérialisme dialectique et pour détourner les miséreux de leurs popes vers des camps de travail forcé. J'espère qu'après cela vous aurez la certitude que l'extrémisme athée n'a rien à envier à l'extrémisme religieux.

Par ailleurs, personne ne vous dénie le droit de critiquer la religion quelle qu'elle soit mais ce qu'on pourrait vous reprocher c'est lorsque vous oseriez qualifier les pratiquants de cette religion "d'ignorants" ou "d'imbéciles"

Ne trouveriez pas que "les simples mots destinés à faire réfléchir" ont une ressemblance troublante avec les discours démagogiques des "frères" de tous bords?

Écrit par : Ovide | 12/08/2009

Salut Ovide, on t'invite aussi à explorer l'époque actuelle où des régimes supposés démocratiques intrumentalisent entre autres choses leur religion favorite pour mieux inspirer une soumission généralisée de l'individu au pouvoir politique.

Ton discours est un peu caricatural : certes il existe des athées plus ou moins virulents mais ce ne sont sans doute pas la majorité. En outre, il serait bon de s'interroger sur les éventuelles raisons de leur amertume ; le mépris relatif dont font l'objet les athées peut bien ressortir négativement chez certains d'eux. Pourquoi devraient-ils être tous meilleurs que les autres ? Pourquoi devraient-ils être forcément exempts de cette aptitude, si désagréable et répandue chez les croyants, à s'emporter contre quelqu'un qui dit quelque chose de déplaisant (ou supposé déplaisant car certains s'énervent pour rien) à propos de la religion. Ce n'est certainement pas un problème particulier mais plutôt un problème collectif ; la réalité c'est que l'on n'apprend pas aux gens à vivre les uns avec les autres avec leurs différences notamment religieuses. Les textes religieux n'y engagent pas ; la vie communautaire n'y engage pas. La nature même de la religion qui est au moins autant collective qu'intime ne favorise pas pleinement la pluralité.

Ajoutons que dans certains contextes peu démocratiques il est finalement assez courant de voir le dialogue se transformer en pugilat, quelque soit le sujet en jeu d'ailleurs ; c'est la rançon de ceux qui sont privés et se privent de leur aptitude à débattre convenablement. On finit par laisser de côté les arguments et en venir aux noms d'oiseaux.

C'est assez amusant de voir ici l'athée devenir pire même que des extrêmistes religieux. C'est vrai que l'athée, quand il se réveille le matin, a vraiment la conscience de la toute puissance dont il dispose dans son environnement et le sentiment qu'il parviendra à renverser avec ses petits bras musclés des réalités bien assises depuis des siècles voire des millénaires ! La réalité c'est que la religion est plus dangereuse que l'athéisme car la religion peut aussi se retourner contre les croyants, ceux qui ne sont pas assez bon croyants pour d'autres croyants ! C'est que l'on ne peut rien contre l'arme du dogme religieux. Que peut-on opposer à des sentiments, à une conviction spirituelle intime ? Rien, absolument rien ! Mais comme cela ne semble pas suffire on tente de se sur-protéger avec le paravent du blasphème, de l'atteinte au sentiment religieux, ce qui donne lieu à des questionnements faussement naïfs sur d'éventuelles limites à apporter à la liberté d'expression religieuses... dont on sait très bien qu'ils annoncent d'autres limitations de liberté !

Il n'est pas exact qu'un athée puisse s'exprimer librement à propos de religion. D'ailleurs tu t'en fais toi-même l'écho en disant tantôt que "personne ne dénie le droit de critiquer la religion" et que la religion est un "domaine sacré que personne ne doit violer" ! L'athée qui te lira se rappellera le nombre de fois où il s'est trouvé avec une personne disposée à l'entendre et qui a changé totalement d'attitude en quelques secondes, sans prévenir. La réalité de la vie d'un athée, c'est qu'en règle général, il ferme sa gueule car il ne veut pas énerver les gens autour de lui ; il a honte souvent car on lui fait honte d'être différent. J'ajouterai une autre plaie : l'athée qui se lance dans un discours théologique a une chance sur deux de tomber sur quelqu'un qui est ignorant de sa propre religion mais ne manquera pas de réagir négativement, y compris contre des principes tout à fait évident ! Dans ce cas là, l'athée choisit le plus souvent le suicide moral et laisse retomber la pression. Je ne vois pas en tout cas comment on pourrait prétendre dans une communauté fortement imprégnée de religion que l'athée est un être particulièrement menaçant ! Il ne faut pas avoir cherché à comprendre ce que vit une telle personne pour avoir une telle opinion globale.

De plus le discours de l'athée est tout à fait critiquable contrairement à celui de l'athée. Il n'y a d'ailleurs pas de lois qui interdisent de critiquer les opinions et sentiments d'un athée ! On sait ce qu'il en est en revanche de la "défense" des sentiments religieux, que ce soit des protections effectives ou des revendications réitérées au fil des ans et de certains incidents fortement médiatisés. Le discours de l'athée ne s'appuyant globalement que sur une forme de raison, étant dépourvu de l'indicible religieux, il est exposé à toutes les discussions possibles.

Alors oui il y a des cas malheureux d'idéologies oppressant le religieux au nom d'une forme d'athéisme mais il faut reconnaître qu'elles finissent par chuter avant que le religieux ne chute ; la religion refait surface en Russie par exemple. On attend toujours la chute des idéologies religieuses en revanche qui elles n'ont jamais cessé leurs méfaits, au moins à l'égard de ceux qui n'adhéraient (ou n'adhèrent) pas à leurs principes et devaient (ou doivent) pourtant s'y soumettre sous peine d'ennuis !

Il est certain qu'un athée n'a pas à traiter des croyants d'ignorants ou d'imbéciles. Resterait à se demander s'il est agréable et même acceptable pour un athée de fréquenter des individus qui adhèrent à des livres saints traitant les athées d'ignorants et d'imbéciles et menacent de les persécuter voire de les tuer ! Finalement puisqu'il était question de démagogie, on peut dire qu'agiter sous des formes multiples la menace de l'athéisme est un procédé assez éculé mais il est vrai qu'il est toujours de nature à fédérer miraculeusement les croyants de tous les horizons. Ce qui est amusant c'est que pour certains croyants d'autres croyants sont quasi athées. Bref je dirais qu'on est tous l'athée de quelqu'un d'une certaine façon et que ceux qui nous trouvent très vilains feraient bien mieux d'oeuvrer pour une société faisant sa place à chacun ; étant majoritaires, étant dans des sociétés fortement marquées par la religion, étant dans des pays avec religion d'Etat, ils ont bien plus de leviers en main que n'en ont les athées. Cependant je concède que la place d'un croyant de base soit délicate ; il est pris à la fois entre les pressions de la vilaine minorité des athées et par celles de la vilaine minorité des extrêmistes religieux qui le prennent, lui-aussi, pour un ignorant et un imbécile ! C'est dur la vie... enfin pensez un peu à nous qui n'avons, de la part de beaucoup, absolument aucune considération !

Écrit par : Un athée qui se marre | 12/08/2009

@ovide

Je t'invite en retours à mieux connaitre l'Histoire, ne serait-ce celle du stalinisme.

Staline n'a pas envoyé les gens aux goulags parce que "Dieu n'existe pas", il l'a fait parce qu'ils menaçaient son pouvoir politique.

Quand il persécutait les religions, c'était surtout parce qu'elles peuvent être le point d'achoppement d'une opposition politique.

Pendant la révolution française, les religieux ont été également persécutés, parce qu'ils représentaient une forme de pouvoir qui refusait le partage du pouvoir avec le peuple.

L'amalgame que tu fais entre l'athéisme en tant choix intellectuel et méthode de réflexion et entre les pratiques totalitaires de tel ou tel régime est totalement infondé, voire malhonnête.

Écrit par : Ghoul | 12/08/2009

@Ghoul

Monsieur,

Je ne fais aucun amalgame et j'ai bien précisé que la religion ou l'athéisme ne devraient pas être jugés par les pratiques faites par des individus extrémistes.

Pour moi Staline, Anwar Khodja, Pol Pot, Ben Laden, Hitler, Khomeiny, Nasrallah et Baruch Goldstein sont pratiquement les facettes multiples d'un extrémisme aveugle et aveuglant

Je ne dénie pas le droit qu'a un athée pour critiquer la religion, et je suis pour une critique objective dépourvue de toute forme d'insultes.

Est-ce si difficile pour vous d'être critique et respectueux des sentiments des autres? Si c'est si le cas, je suis désolé mais je ne vois aucune différence entre vous et entre le plus ignorant des talibans.

@L'athée qui se marre

Moi aussi je trouve caricatural qu'une connaissance se cache derrière un pseudo du moins inhabituel. Bref, ce n'est pas notre sujet.

Où avez vous vu que je parle d'une majorité d'athée? Vous me l'accordez certainement si j'affirme que les extrémistes ont toujours été , et Dieu merci, une minorité qui ne peut pas tromper les gens tout le temps.

Un extrémiste qu'il soit athée ou religieux est une personne frustrée, car elle a subit un rejet, et qui essaye de faire ressortir ses sentiments négatifs d'une manière brutale : verbalement ou physiquement.

C'est aussi une personne qui se considère qui est l'élu d'une idéologie donnée et qui est là pour sauver l'espèce humaine.

Ce que je trouve marrant dans ton discours c'est que si on remplace le mot "athée" par le mot "extrémiste" on sera certainement d'accord sur beaucoup de points. D'ailleurs tu le sais très bien.

Écrit par : Ovide | 13/08/2009

Bonjour. Bon déjà on ne se connait pas personnellement. Ce qui est certain en revanche, c'est que cela fait des années que j'écris toujours mes rares commentaires "religieux" sur le mode anonyme puisque j'appartiens à une minorité dévalorisée et que, de fait, si j'affiche ouvertement ce que je suis, certains considèrent d'emblée mon discours comme nul et non avenu. Pour autant, je n'ai jamais insulté personne, l'anonymat n'étant pas nécessairement destiné à ce genre de comportement. Je ne le fais pas par précaution mais à la suite de plusieurs incidents et sachant que ma prudence habituelle dans ce domaine et mon sens du dialogue sont de toute façon régulièrement mis à l'épreuve à ce sujet ; il y a quelques semaines encore je parlais de manière anodine avec un ami à Tunis et puis il a commencé à se braquer à propos d'un détail religieux et comme il sombrait dans le sentiment et se livrait à des interprétations qui témoignent malheureusement de certaines ignorances de sa part, j'ai préféré arrêter avant qu'il ne s'énerve carrément, tout en me disant que décidément si la religion n'existait pas on éviterait bien des sujets de discordes, que ce soit d'ailleurs entre croyants, entre croyant et athée ou que sais-je encore. Ce genre de situation est assez courant, il faut bien l'avouer.

C'est vrai qu'il n'est sans doute pas question de l'ensemble des athées mais enfin c'est peu évident

Écrit par : Un athée qui se marre (toujours) | 13/08/2009

(...) à te lire particulièrement quand on lit ton quatrième paragraphe, très trouble. Pour ce qui est de la liberté d'expression, on ne peut que te suivre s'il s'agit d'éviter que des personnes se livrent à des insultes nominales mais ce qu'on lit semble aller bien au delà, notamment quand tu parles de "domaine sacré" ; il s'agit là d'une notion qui justifie dans l'absolu toute censure au nom de sentiments personnels, tout aussi personnels que ceux d'un athée qui lui ne peut invoquer aucune protection symbolique de ses convictions pour faire taire telle ou telle personne.

Pour ce qui est de la frustration, c'est une notion très relative. Tous les athées ne sont pas frustrés, particulièrement dans les sociétés où on laisse primer la conscience religieuse individuelle sur la conscience collective ; dans ce type de cadre, il est possible d'être athée sans avoir à en souffrir, sans avoir besoin de se justifier sans cesse et sans être pris dans des disputes récurrentes à ce propos. En fait, dans certains contextes, on peut vivre des années avec des gens sans avoir la moindre idée de leur spiritualité ; on n'image pas franchement cela dans des sociétés où la religion est omniprésente et où toute forme de marginalité est malmenée ; la frustration de l'athée n'existe véritablement que dans un contexte de contrainte familiale, sociale ou étatique. En fait, le simple croyant aime à se considérer comme la norme, c'est-à-dire comme appartenant à une majorité entourée de minorités. Pour ma part, je dirais qu'un extrêmiste religieux n'est pas non plus nécessairement frustré. Si quelqu'un veut poser des bombes en raison de sa conscience religieuse et si cela le rend heureux, où est sa frustration ?! Ce qui est amusant c'est qu'on va me demander, avec raison, de respecter les croyants mais de l'autre ces croyants me diront "attention, il y a parmi nous des gens qui sont bien, d'autres moins bien voire d'autres pas bien du tout". C'est choquant, d'autant que tous se basent sur les mêmes textes et qu'on est juste dans des nuances d'interprétation ! Qui a raison donc dans ces conditions ? On peut interpréter un texte religieux de multiples façons, c'est bien connu et c'est vrai à la fois au regard de l'histoire mais aussi à celui de diverses sociétés contemporaines qui prennent des voies différentes et parfois contradictoires en invoquant les mêmes fondations religieuses. D'une certaine façon, je trouve fascinante la phobie que les croyants éprouvent pour leurs extrêmistes et la façon qu'ils ont de les juger, de juger leur foi et leur pratique qui relève d'interprétations tout aussi personnelles que les leurs.

Voilà donc je ne suis pas en train de dire que les extrémistes religieux ont notamment raison de poser des bombes mais ce qui est sûr c'est qu'au fond leur démarche procède de la même aspiration à la libre interprétation des textes religieux et que ce principe que le croyant lambda érige pour lui-même en principe de vie absolu, il est prêt à le contester promptement à d'autres. Du coup, il permet à l'Etat en général de s'ingérer dans le religieux pour le réguler d'une façon qui lui semble plus ou moins convenable et c'est ainsi que la religion devient plus encore un instrument éminemment malléable et où la dimension de spiritualité personnelle se dilue dans bien autre chose. L'athée regarde évidemment tout cela avec une certaine stupéfaction... car l'athée est généralement quelqu'un qui a une conscience spirituelle extrêmement développée même si elle repose sur la considération du néant.

Et pour en revenir à la frustration, je suis au regret de dire qu'elle est aussi très présente parmi les simples croyants... et c'est un constat que je fais très régulièrement parce que j'aide beaucoup les gens autour de moi, des gens d'origines diverses et à la spiritualité très variable. Parmi les croyants, il y a beaucoup de gens qui sont également frustrés, désemparés, perdus, ... et il est toujours troublant qu'un athée puisse être celui qui réconforte et rassure des gens. Quand j'aide des gens croyants, je me demande toujours à quoi leur sert leur religion si elle ne contribue pas à les rendre heureux et si, pire encore, elle est la source de leurs malheurs, ce qui est souvent le cas. On peut vivre croyant et frustré tout autant qu'athée et heureux. On vit parfois mieux ainsi que certains croyants qui sont dans un milieu tout à fait adapté à ce qu'ils pensent et qui pourtant n'y trouvent pas l'apaisement, vivant dans des angoisses assez tenaces. La frustration est une notion qui dépasse donc la nature même de la spiritualité de chaque être ; on ne peut pas la réduire à telle ou telle catégorie.

Quant à être l'élu d'une idéologie donnée et celui qui sauvera l'espèce humaine, c'est bien le sentiment que donne chaque religion. Les Juifs sont les élus de Dieu ; les Chrétiens sont ceux qui ont entendu la parole du fils de Dieu, Dieu lui-même ; les Musulmans considèrent leur révélation comme supérieure aux deux autres puisqu'elle est la troisième et supposée dernière en date et que le texte saint est supposé reprend la parole directe de Dieu. Si ce n'est pas se considérer comme les élus d'une idéologie, je ne sais pas ce que c'est ! Et si on lit un texte religieux quelconque sans en retirer l'idée qu'on serait là pour sauver l'espèce humaine, ne serait-ce que par la vertu de l'exemple, c'est qu'on est bien plus modeste que ce texte ne nous y incite !

"L"homme est en perdition sauf les croyants dont l'oeuvre est fidèle et qui s'incitent entre eux à la vérité" (c'est dans le Coran, à la première page que j'ai ouverte par hasard !). C'est un simple exemple parmi tant d'autre de ce que les religions entendent dire. L'athée pourrait s'en désintéresser s'il n'était finalement en permanence au cœur de ces textes et jamais dans une posture des plus favorable mais présenté comme le modèle de ce qu'il ne faut pas être. Et pour ce qui est des certitudes, je dirais simplement que l'athée fait l'objet de pressions multiples pour rentrer dans le rang ; ces pressions sont souvent aimables d'ailleurs quand elles viennent de proches mais n'en restent pas moins des pressions : "c'est dommage que tu sois comme tu es", "je suis sûr qu'un jour tu retrouveras le bon chemin", ... voilà ce qu'un athée peut entendre.

Écrit par : Un athée qui se marre (toujours) | 13/08/2009

@ Un athée qui se marre (toujours)

Pertinente analyse. Tant mieux pour toi si tu te sens à ton aise (et mieux que des croyants) avec ton athéisme. Tant mieux pour un croyant s'il se sent à son aise (et mieux que des athées) avec ses croyances.

Finalement vu que tu t'es reféré au Coran, je te renvoi à mon tour vers l'un des derniers versets et qui abrogent d'autres versets antérieurs comme celui que tu as mentionné :"Pas de contrainte en matière de religion".

Je crois que ça résume tout. Je crois qu'on est capable de prôner la tolérance du moins autour de nous et de bien vivre en se respectant les uns des autres.

Salutations

Écrit par : Ovide | 13/08/2009

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