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01/08/2008

Pourrions-nous vivre sans le désordre?

De la réponse à cette question existentialiste dépendra ma survie et la pérennité même de l’espèce tunisienne. Le désordre est le caractère dominant chez tous les arabes et sa variante la plus réfractaire est ancrés dans nos gènes de tunisiens. D’ailleurs les spécimens qui ont dérogé à cette règle de désordre sont considérés comme des parias et leur tunisianité est souvent contesté par les protecteurs de l’Homo tunisianus.  

Ce désordre nous le vivons quotidiennement dans notre façon de conduire, de marcher, de saluer, de prier, d’acheter n’importe quoi (du pain jusqu’à la bière), de discuter,… C’est ce qui fait peut être notre charme exotique…

Hier j’ai assisté à un enterrement. Lors de la mise de la dépouille dans la tombe plusieurs personnes se sont accourues pour gagner «el ajr el 3adhim». Je ne conteste pas leurs pieuses intentions mais si on ignore une chose cette course pour plaire à Dieu (et/ou aux hommes) pourrait s’avérer néfaste.

La personne qui a réussit à avoir le sésame après bousculades dignes des meilleurs rugby men a oublié d’ôter ses chaussures et a demandé à certains de l’assistance où se trouve la direction de la mecque… cette personne a failli être lynché mais les circonstances atténuante du contexte lui ont épargné ce sort.

Après la mise à terre de la dépouille il a fallu s’organiser pour présenter les condoléances. Une file indienne de plusieurs dizaines de mètres a été constituée et les gens ont passé un à un. Parfois un jeune cède sa place à une personne plus âgée. Un silence de piété s’est abattu sur l’assistance et tout le monde ne pensait qu’à la vie n’est qu’éphémère et qu’il vaudrait mieux faire du bien que du mal…

Mais vous rêvez !!! il n’y avait aucune file indienne tout le monde se précipitait pour passer en premier et regagner rapidement sa voiture. Tout le monde parlait des affaires courantes et juteuses… Celui qui a des problèmes avec son transitaire, un autre discuter en anglais avec son fournisseur, un autre relatait sa mésaventure avec une collègue, des embrassades avaient aussi eu lieu… Bref, les différences entre un enterrement, un discours ou un mariage deviennent de plus en plus invisibles. Mais bon si c’est le chemin à suivre pour préserver l’Homo tunisianus de l’extinction il ne faut qu’améliorer et perfectionner ce désordre.

 

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